L’endurance aérobie ou la puissance aérobie?

Précédent
Suivant

Vous souhaitez faire un marathon à l’automne et vous vous demandez quel type de travail aérobie favoriser. L’endurance, courir longtemps à une intensité relativement faible, ou en puissance aérobie et au-delà? D’ailleurs, qu’est-ce que la puissance aérobie? La façon la plus simple de comprendre ou de se l’imaginer serait de voir quel test physique me donne une réponse valable. Il y a plusieurs possibilités. Pour un coureur avec un certain vécu, courir le plus vite possible pendant cinq minutes lui permet de trouver sa puissance aérobie. Avec cette donnée, il devient relativement simple, un peu de mathématiques ne nuit pas, d’évaluer à quelle vitesse le test a été réalisé. Ce résultat, en mètres par seconde ou en kilomètres par heure, représente le 100 %. Sachant tout cela, quoi faire?

Selon les dires d'un entraîneur national en athlétisme d’un pays européen, les meilleurs coureurs de longue distance kenyans s’entraînent à deux types d’intensité. Soit en endurance à très basse intensité, 70 % ou moins, ou à très haute intensité, 90 % ou plus. Peu ou pas de travail entre les deux.  Sachant que les Kenyans ont plus de 230 coureurs de marathon sous la barrière des 2 h 15, le Canada n’en a que trois, il y a là matière à se poser quelques questions, n’est-ce pas?

Dernièrement, de nombreux articles ou conférences ont commencé à décrire les entraînements d’athlètes de calibre mondial dans plusieurs sports d’endurance : course à pied, cyclisme, aviron, ski de fond, patinage de vitesse, et j’en passe. Il apparaît de plus en plus clair que plusieurs de ces athlètes passent la grande majorité de leur temps d’entraînement à des intensités très basses. En fait, entre 70 % et 90 % de leur temps d’entraînement se situe à des allures de course inférieures à leur rythme de marathon, si nous prenons le marathon comme exemple. Par ailleurs, un des meilleurs coureurs canadiens est allé, l’année passée, s’entraîner durant un mois avec les Kenyans. Comme il le disait, quand ils vont lentement, ils vont vraiment lentement. Mais quand ils ont un entraînement intense, ils sont vraiment intenses! Rien entre les deux. Un entraîneur norvégien, en ski de fond, donnait cette explication pour justifier cette approche : « L’entraînement entre ces deux types d’intensité est trop exigeant pour récupérer et n’est pas assez intense pour provoquer de bonnes adaptations. »

Bien que chaque personne ou athlète doive trouver le type d’entraînement qui lui convient le mieux, il y a, dans ces quelques lignes descriptives, une forme de prise de conscience ou de retour aux sources qui nous pousse à la réflexion. Serions-nous à l’orée d’un renouveau où nous devrons revoir une partie de notre conception des séances d’entraînement? L’avenir nous le dira. Surtout dans un monde où les modes sont créées et déconstruites chaque printemps…